Dégustation en Savoie Chez Dominique Belluard

Petite visite rapide chez Dominique Belluard à Aize (Ayse) vers 17h. Dominique est là et m’attend comme convenu.. cool :)

Avant la dégustation au chai, Dominique monte dans ma voiture et tout en me dirigeant pour aller « zieuter » quelques parcelles par ci et par là, il m’explique rapidement la situation de cette appellation. Jusqu’à 360 ha plantés au XVIII siècle, il y a aujourd’hui environ 20 ha de vignes plantées (dont 10 ha pour Dominique). Il s’agit de dizaines et dizaines de parcelles parfois vraiment toutes petites et réparties sur plusieurs communes. Cette petite surface s’explique en partie par le phylloxéra, les deux guerres et par l’attrait fort pour d’autres métiers (usinage de petites pièces pour l’horlogerie Suisse à Cluse). Par ailleurs aujourd’hui les propriétaires terriens préfèrent garder leurs terres dans l’idée que ces dernières pourraient devenir constructibles…

vignes de Belluard

Dominique maintenant seul au domaine, après le départ de son frère en 2007, n’ a pas chômé et n’a pas  reculé devant la rudesse du terroir, des pentes fortes, des sols compliqués (durs). Dominique exploite ce domaine depuis 1988. Un domaine familiale créé en 1947 alors en polyculture. Bon revenons à notre visite, après avoir vu des parcelles d’altesses (qui rentrent dans les grandes jorasses), nous nous dirigeons vers le terroir mythique du domaine voire de l’appellation le lieu dit « Le feu » ( argile rouge chargée en alumine de fer , la particularité du « Feu ») où l’on y trouve ce cépage endémique et unique au monde « le gringet » Les parcelles de Dominique sont là aussi morcelées mais moins qu’ailleurs, en revanche la pente est importante et l’on comprend la grande difficulté du travail réalisé ici. 

D’ailleurs il faut savoir que le domaine emploie l’équivalent de 8 à 9 salariés à l’année. Dominique insiste sur la pénibilité des travaux à la vigne et explique que c’est en grande partie ce qui fait le prix des vins de son domaine. A cela, il faut quand même ajouter que le passage en Biodynamie n’a pas réduit ce travail :) 

Vers 18h nous retournons au chai pour aller déguster quelques vins. Nous y retrouvons une personne que nous connaissons bien : Yann Pernuit (ex salarié du Domaine Genoux - Château de Mérande); En effet, Yann est arrivé au Domaine Belluard courant 2018 pour dans un premier temps aider Dominique dans l’exploitation du domaine et, dans un second temps, pourquoi pas s’installer dans le coin comme vigneron ! A suivre mais belle nouvelle.

Maison de Belluard

Nous dégustons les 2018  (petite récolte comme bcp de vignerons sur ce millésime….) certaines cuves sont terminées, d’autres non… la dégustation se déroule sur Le feu, Les Alpes et LA mondeuse puis nous goutons des élevages différents : cuve , jarres enfin il est temps de se poser et nous nous dirigeons dans le petit caveau de dégustation situé dans les profondeurs sous la maison. Là, Dominique va chercher les vins que nous commercialisons depuis mars 2091, à savoir les Les Alpes 2017, Le feu 2017, Montblanc 2015, tout est en place, le Feu comme toujours demandera du temps pour se livrer. Mont-Blanc (méthode traditionnelle) à base de Gringet et avec un vieillissement d’au moins 3 ans file droit sur des arômes de fruits jaunes, touches fumées ! 

Il se fait tard 20h30, chacun file à ses occupations du soir (diner pour l’un, apéro pour l’autre et la route pour moi).

Dominique n’a pas compté ses heures et économisé son grand corps pour faire de ce Domaine, l’un des fleurons savoyard mais pas que…Quel travail, quelle énergie, quelle volonté. C’est lorsque nous visitons ces domaines, ces copains -vignerons  que nous ressentons toute la difficulté de ce métier. Nous essayons parfois même de les rassurer et nous ne manquons jamais de les féliciter : Bravo Dom ! et merci, sincèrement !"

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